jeudi 7 août 2008

ELDORADO

Réalisateur : Boully Lanners

Hell Dorado ...

Y a-t-il décidemment au cinéma un ton et un humour typiquement belge ? Pendant que le plat pays a l’air d’en découdre avec l’idée d’identité nationale,un gouvernement fantôme à la clé,la belgitude si chère à Brel nous livre des petits bijoux de fantaisie décalée …

Disons-le tout de go,j’affectionne particulièrement le road movie et j’éprouve comme une sorte de tendresse inexplicable à l’égard des losers magnifiques: dans l’espace réduit d’une voiture,sorte de huis clos en mouvement,les langues se délient,la ligne d’horizon est en fuite ou se précise,donnant lieu à des paraboles hors du champ quotidien …

Le loup décharné,l’ours bourru et la Chevrolet :la fable commence sur un cambriolage raté … qui se transforme en une sorte de quête absurde,parsemée d’embûches et de rencontres plus farfelues les unes que les autres : on y croise un inquiétant rebouteux, collectionneur de voitures accidentées,un campeur nudiste en grand besoin d’affection,un chien aux pattes cassées tombant d’un pont …

L’ensemble pourrait ça et là paraître un peu décousu et pêcher par cette cascade de saynètes entremêlées: mais Boully Lanners tient –à- ses personnages d’un bout à l’autre du film et leur lâche la bride à grands renforts de situations qu’on croirait sorties tout droit du muet,de dialogues savoureux, répétitifs à souhait ou de vieux silences nourris et foireux …

Au son de guitares saturées et célestes à la Link Wray,
les paysages belges auraient presque une allure de western :et notre tandem y évolue à merveille, mêlant moments de tendresse virile,drôlerie et émotions à fleur de peau … Prostré,atone,le jeune loup essaie de se battre mais la bonhomie du receleur n’aura pas raison des démons qui lui courent dans les veines …
La fable est cruelle,certes mais elle vaut sacrément le détour !

vu le 16 juillet

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