Réalisateur: Diastème
La main courante de nos amours
D’emblée, le titre faussement intello pourrait laisser songeur voire dubitatif, portant l’estampe chérie en France du sacro-saint cinéma d’auteur … Heureusement, la bande-annonce simple et efficace a suffisamment titillé ma curiosité pour dépasser mon a priori mitigé …
Ouverture drôlissime : bercé par les cigales, un homme sieste tranquille et se prend une trombe d’eau sur la hure, sans comprendre… Ficelle de cinéaste,l’élément eau,symbole chez Bachelard de notre vie émotionnelle,est annoncé d’emblée comme le fil conducteur de l’électricité sentimentale qui parcourt les personnages principaux et nous devinons qu’ils seront amenés à se croiser dans le tourbillon des rencontres et du hasard …
Avignon brille de tous ses feux, prise dans la douce folie in & off du célèbre festival : le décor est planté,on évitera soigneusement l’écueil du film militant sur les galères de la vie d’artiste; les dialogues pétillent tout comme les scènes prises sur le vif et sous les feux de la rampe : chacun se dépatouille comme il peut dans le marigot des amours,les moments intimes jouissant de gros plans inspirés,et signe des temps (!?) les personnages féminins, solaires ou désespérés semblent mieux frayer avec le réel que leur répliques …
D’ailleurs,une mention spéciale à Fréderic Andrau,l’amoureux alcolo éconduit d’Emma de Caunes - rayonnante sous tous rapports - dont les scènes donnent du piquant à un ensemble, accusant ça et là quelques mollesses au montage et dans la mise en scène … Les petits bonheurs quotidiens sont durs à filmer et les retrouvailles de tout ce beau monde dans l’épilogue frisent le fiasco,rattrapés de justesse par un savoureux numéro de cabaret transformiste et un ultime joker dans la manche du scénariste …
Au final, cette comédie «à la française» dont la petite musique s’arpège légère,absurde et profonde,ravira les amateurs de spectacle vivant et irritera sûrement les indécrottables cinéphiles pétris de cynisme …
vu le 14 Juillet 2008
lundi 28 juillet 2008
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire