Réalisateur : Lorraine Lévy
Comment faisait-on pour communiquer avant l’ère du portable ? Excusez le poncif mais l’intrusion permanente de cet objet au cinéma a quelque fois tendance à me taper sur les nerfs,surtout dans les comédies romantiques …
Je le dis sans animosité aucune, je ne suis pas fan de la prose de Marc Levy que je range volontiers dans la section «romans de gare», mais l’adaptation en famille,sa sœur Lorraine signant dialogues et réalisation, et le casting soigné nous donneraient quand même quelque attentes positives …
Une pluie de photons est toujours agréable à prendre dans la rétine et les bons sentiments sont comme une baume sur le cœur dans les moments de solitude …
Coup de fil donc,entre un père fraîchement divorcé,libraire de son état,campé par un Vincent Lindon «groggy» comme un boxeur usé et sa fille,souffrant de la distance qui les sépare;Pascal Elgé son meilleur ami,achève enfin de le persuader de changer de vie,le tenancier d’un bookshop à deux pas de son cabinet d’architecte prenant sa retraite…
Sur ces entrefaites, le duo reformé élabore un projet ô combien farfelu –je plaisante-: nos enfants s’entendent à merveille,les femmes sont impossibles,vivons tous sous le même toit et ce sera la joie,avec quelques règles à la clef pour ficeler tout ça:ce cahier des charges improbable donnera lieu à des explosions amicales comme autant de pétards mouillés avant les dénouements heureux que l’on sent arriver à des kilomètres.
Et dans ce décor londonien de carte postale,ce microcosme «froggy» se tient les coudes bon an mal an,à la table du bistro du coin:heureusement que les personnages féminins donnent du charme et de l’épice à ce soap fleurant le navet …
Les fans de l’auteur qui sont légion iront de toute façon le voir : que les autres, plus sceptiques, attendent la sortie en DVD ou mieux le passage sur les ondes cathodiques à moins de bénéficier de ces fameux abonnements cinévores et de vouloir savourer le retour à l’écran de Virginie Ledoyen, délicieuse d’un bout à l’autre …
Vu le 5 juillet 2008
mardi 29 juillet 2008
lundi 28 juillet 2008
LE BRUIT DES GENS AUTOUR ..
Réalisateur: Diastème
La main courante de nos amours
D’emblée, le titre faussement intello pourrait laisser songeur voire dubitatif, portant l’estampe chérie en France du sacro-saint cinéma d’auteur … Heureusement, la bande-annonce simple et efficace a suffisamment titillé ma curiosité pour dépasser mon a priori mitigé …
Ouverture drôlissime : bercé par les cigales, un homme sieste tranquille et se prend une trombe d’eau sur la hure, sans comprendre… Ficelle de cinéaste,l’élément eau,symbole chez Bachelard de notre vie émotionnelle,est annoncé d’emblée comme le fil conducteur de l’électricité sentimentale qui parcourt les personnages principaux et nous devinons qu’ils seront amenés à se croiser dans le tourbillon des rencontres et du hasard …
Avignon brille de tous ses feux, prise dans la douce folie in & off du célèbre festival : le décor est planté,on évitera soigneusement l’écueil du film militant sur les galères de la vie d’artiste; les dialogues pétillent tout comme les scènes prises sur le vif et sous les feux de la rampe : chacun se dépatouille comme il peut dans le marigot des amours,les moments intimes jouissant de gros plans inspirés,et signe des temps (!?) les personnages féminins, solaires ou désespérés semblent mieux frayer avec le réel que leur répliques …
D’ailleurs,une mention spéciale à Fréderic Andrau,l’amoureux alcolo éconduit d’Emma de Caunes - rayonnante sous tous rapports - dont les scènes donnent du piquant à un ensemble, accusant ça et là quelques mollesses au montage et dans la mise en scène … Les petits bonheurs quotidiens sont durs à filmer et les retrouvailles de tout ce beau monde dans l’épilogue frisent le fiasco,rattrapés de justesse par un savoureux numéro de cabaret transformiste et un ultime joker dans la manche du scénariste …
Au final, cette comédie «à la française» dont la petite musique s’arpège légère,absurde et profonde,ravira les amateurs de spectacle vivant et irritera sûrement les indécrottables cinéphiles pétris de cynisme …
vu le 14 Juillet 2008
La main courante de nos amours
D’emblée, le titre faussement intello pourrait laisser songeur voire dubitatif, portant l’estampe chérie en France du sacro-saint cinéma d’auteur … Heureusement, la bande-annonce simple et efficace a suffisamment titillé ma curiosité pour dépasser mon a priori mitigé …
Ouverture drôlissime : bercé par les cigales, un homme sieste tranquille et se prend une trombe d’eau sur la hure, sans comprendre… Ficelle de cinéaste,l’élément eau,symbole chez Bachelard de notre vie émotionnelle,est annoncé d’emblée comme le fil conducteur de l’électricité sentimentale qui parcourt les personnages principaux et nous devinons qu’ils seront amenés à se croiser dans le tourbillon des rencontres et du hasard …
Avignon brille de tous ses feux, prise dans la douce folie in & off du célèbre festival : le décor est planté,on évitera soigneusement l’écueil du film militant sur les galères de la vie d’artiste; les dialogues pétillent tout comme les scènes prises sur le vif et sous les feux de la rampe : chacun se dépatouille comme il peut dans le marigot des amours,les moments intimes jouissant de gros plans inspirés,et signe des temps (!?) les personnages féminins, solaires ou désespérés semblent mieux frayer avec le réel que leur répliques …
D’ailleurs,une mention spéciale à Fréderic Andrau,l’amoureux alcolo éconduit d’Emma de Caunes - rayonnante sous tous rapports - dont les scènes donnent du piquant à un ensemble, accusant ça et là quelques mollesses au montage et dans la mise en scène … Les petits bonheurs quotidiens sont durs à filmer et les retrouvailles de tout ce beau monde dans l’épilogue frisent le fiasco,rattrapés de justesse par un savoureux numéro de cabaret transformiste et un ultime joker dans la manche du scénariste …
Au final, cette comédie «à la française» dont la petite musique s’arpège légère,absurde et profonde,ravira les amateurs de spectacle vivant et irritera sûrement les indécrottables cinéphiles pétris de cynisme …
vu le 14 Juillet 2008
samedi 26 juillet 2008
VALSE AVEC BACHIR
Réalisateur: Ari Folman
VOYAGE EN AMNÉSIE MINEURE
Il y a des films qui vous laissent un goût étrange, et dont la résonance est tenace: je ne fus pas le seul à rester interdit, en silence, sur les quais de Seine,après la projection…
À ce titre déjà, le réalisateur Ari Folman a magnifiquement réussi son coup : à l’heure où sont fêtés en grande pompe les 60 ans d’Israël, il nous offre sous la forme d’un docu-fiction hybride, un regard personnel, complexe et jamais partisan sur la guerre du Liban, choisissant le dessin animé comme support de sa vision: le trait est moderne, réaliste, crépusculaire, le montage haletant bien appuyé par une bande son impeccable.
Scène d’ouverture forte : une meute de chiens enragés, écumants, saccagent tout sur leur passage et se postent devant un immeuble prêts à mettre en morceaux un ami de l’auteur qui le convoque en pleine nuit pour un entretien : ce cauchemar qui ne le quitte plus sera le détonateur d’un voyage en amnésie …
Blessures intimes, jeunesse volée, immersion dans la violence pure, le spectre de la mort derrière son épaule,
il fera le tour de ses camarades pour reconstituer la mosaïque et ainsi traverser le brouillard, glanant au passage des questions essentielles : après l’enfer de la Shoah,comment peut-on glisser insidieusement de victime à bourreau ? Quels mécanismes traumatiques arrivent à couler comme une chape de ciment sur nos souvenirs ?
Depuis son passage remarqué à Cannes, la rumeur va bon train: prenez le donc en marche,dans une salle intimiste;
Et sans vous donner le «punch», les images de clôture sont tout bonnement un «uppercut» …
vu le 29 juin 2008
VOYAGE EN AMNÉSIE MINEURE
Il y a des films qui vous laissent un goût étrange, et dont la résonance est tenace: je ne fus pas le seul à rester interdit, en silence, sur les quais de Seine,après la projection…
À ce titre déjà, le réalisateur Ari Folman a magnifiquement réussi son coup : à l’heure où sont fêtés en grande pompe les 60 ans d’Israël, il nous offre sous la forme d’un docu-fiction hybride, un regard personnel, complexe et jamais partisan sur la guerre du Liban, choisissant le dessin animé comme support de sa vision: le trait est moderne, réaliste, crépusculaire, le montage haletant bien appuyé par une bande son impeccable.
Scène d’ouverture forte : une meute de chiens enragés, écumants, saccagent tout sur leur passage et se postent devant un immeuble prêts à mettre en morceaux un ami de l’auteur qui le convoque en pleine nuit pour un entretien : ce cauchemar qui ne le quitte plus sera le détonateur d’un voyage en amnésie …
Blessures intimes, jeunesse volée, immersion dans la violence pure, le spectre de la mort derrière son épaule,
il fera le tour de ses camarades pour reconstituer la mosaïque et ainsi traverser le brouillard, glanant au passage des questions essentielles : après l’enfer de la Shoah,comment peut-on glisser insidieusement de victime à bourreau ? Quels mécanismes traumatiques arrivent à couler comme une chape de ciment sur nos souvenirs ?
Depuis son passage remarqué à Cannes, la rumeur va bon train: prenez le donc en marche,dans une salle intimiste;
Et sans vous donner le «punch», les images de clôture sont tout bonnement un «uppercut» …
vu le 29 juin 2008
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