Réalisateur : Fernando Eimbecke
Garage land ...
C’est toujours un bonheur de découvrir un nouveau cinéaste, un électron libre créatif en marge des faiseurs de téléfilms ou des esclaves de l'impitoyable mécanique hollywoodienne : ici, pas besoin d’esbroufe ou d’effets pétaradants pour masquer la vacuité du propos …
L’intrigue en mosaïque est simple, on fleure l’autobiographie : dans un port du Yucatan au Mexique, Juan un adolescent de 16 ans, vient de planter la voiture familiale dans un poteau, sur une petite route éloignée du centre ... Et dans ce décor de ville fantôme, écrasé de soleil, on assiste à un balai d'allers et retours incessants dans les mêmes lieux: on pense alors vaguement à Jarmush et ses plongées dans le bayou louisanais : le paysage urbain est au service de l’histoire et de ses pistes, en errance : chaque plan est soigné comme un tableau et respire au-delà des personnages, la direction photo est impeccable …
Le visage impavide, sans rechigner, notre héros se colle à réparer sa bêtise et à donner de lui même dans une tension palpable où le tragi-comique n’est jamais loin, servi par une galerie de personnages insolites et touchants : un vieux garagiste bougon affublé d'un boxer nommé Sica, une jolie punkette avec un mioche sur les bras qui lui fait du gringue, un jeune mécano féru de kung-fu voulant lui enseigner la voie des moines shaolin ...
On devinera peu à peu les raisons du "pétage de plombs" de la maman, la demande permanente d'attention du petit frère quand il daigne rentrer chez lui, en intermittence: l’utilisation intelligente de la bande son dans les fondus en black-out, soulignant à la manière d'un diaporama la vie intérieure, pétrie d’attente et d’ennui ... Il y a peu de dialogues mais ils frappent juste, et les nombreux silences font ressurgir la densité des personnages et leur fils émotifs …
On est à des années lumières des blockbusters estivaux voulant étancher notre soif de violence et de sang: c’ est une œuvre intimiste où l'on y goute l’or de l’ordinaire, la pulsation de la vraie vie …
vu le 16 juillet
samedi 9 août 2008
jeudi 7 août 2008
LET'S GET LOST
Réalisateur : Bruce Weber
Cool Jazz …
Il n’y avait pas beaucoup de monde au soir de la sortie de ce film majeur, égaré dans les limbes pendant près de 20 ans et remasterisé pour l’occasion, profitant pourtant d'une aura de légende et d’un bon timing ... C'est dire tout le travail qu’il reste à faire pour que certains relais passent d’une génération à une autre, plus massivement que la philosophia perennis d' Aldous Huxley …
Gueule d’ange à la beauté du diable, son attitude, son look et surtout son jeu en ont fait une icône absolue du jazz, tiraillé entre une communauté blanche sur la fin de son age d'or et le respect que lui vouaient les plus grands musiciens afro-américains : sa feuille de route parle d’elle même : ses débuts avec Charlie Parker ou Gerry Mulligan , son statut de meilleur interprète en lice avec Nat King Cole, sans oublier les ors d’ Hollywood : du lourd et ce malgré les errances,les coups durs et les longs passages à vides …
Bruce Weber, jeune photographe de mode à l'époque, décline sur pellicule et en noir et blanc son amitié spirituelle avec le vieil iguane émacié : on ne s’y trompe pas et l’image, certes classique, a du grain et de l’âme … Les cheveux au vent, entouré de jolies femmes comme toujours, à l’arrière d’une belle décapotable américaine , le sorcier se livre et se raconte de sa voix douce et désabusée ...
Il le laisse déambuler à sa guise comme un chat, évitant les gaucheries que pourraient susciter l'admiration:son regard n’est donc jamais complaisant, ses cameo sont rares, mêlant images d'archives,entrevues avec ses pairs, ses amis, sa famille, pour craqueler les oripeaux romantiques et nous offrir un portrait saisissant et pétri de contradictions : manipulateur,voyou, père absent, junky retors, tout y passe ... mais cette voix, ce flow unique crève l'écran dans des moments de grâce en studio judicieusement filmés en gros plans, de profil ...
Un vent de légèreté souffle sur les moments quotidiens pris sur le vif:on sort souvent du huis clos pour "parler de tout" comme aime à le dire Godard à l'instar de ses instants volés pendant le festival de Cannes où Chet Baker semble flotter au-dessus des contingences tout en étant irrité par ce public mondain et si peu féru de jazz ...
Quand un grand musicien rencontre le 7ème art, sans l'ostentation rigide de Scorcese avec Les Rolling Stones pour ne nommer que celui-là, c'est un peu comme la mémoire du monde qui est soulagée ...
Let's get lost … déjà culte … et à redécouvrir encore et encore ...
Cool Jazz …
Il n’y avait pas beaucoup de monde au soir de la sortie de ce film majeur, égaré dans les limbes pendant près de 20 ans et remasterisé pour l’occasion, profitant pourtant d'une aura de légende et d’un bon timing ... C'est dire tout le travail qu’il reste à faire pour que certains relais passent d’une génération à une autre, plus massivement que la philosophia perennis d' Aldous Huxley …
Gueule d’ange à la beauté du diable, son attitude, son look et surtout son jeu en ont fait une icône absolue du jazz, tiraillé entre une communauté blanche sur la fin de son age d'or et le respect que lui vouaient les plus grands musiciens afro-américains : sa feuille de route parle d’elle même : ses débuts avec Charlie Parker ou Gerry Mulligan , son statut de meilleur interprète en lice avec Nat King Cole, sans oublier les ors d’ Hollywood : du lourd et ce malgré les errances,les coups durs et les longs passages à vides …
Bruce Weber, jeune photographe de mode à l'époque, décline sur pellicule et en noir et blanc son amitié spirituelle avec le vieil iguane émacié : on ne s’y trompe pas et l’image, certes classique, a du grain et de l’âme … Les cheveux au vent, entouré de jolies femmes comme toujours, à l’arrière d’une belle décapotable américaine , le sorcier se livre et se raconte de sa voix douce et désabusée ...
Il le laisse déambuler à sa guise comme un chat, évitant les gaucheries que pourraient susciter l'admiration:son regard n’est donc jamais complaisant, ses cameo sont rares, mêlant images d'archives,entrevues avec ses pairs, ses amis, sa famille, pour craqueler les oripeaux romantiques et nous offrir un portrait saisissant et pétri de contradictions : manipulateur,voyou, père absent, junky retors, tout y passe ... mais cette voix, ce flow unique crève l'écran dans des moments de grâce en studio judicieusement filmés en gros plans, de profil ...
Un vent de légèreté souffle sur les moments quotidiens pris sur le vif:on sort souvent du huis clos pour "parler de tout" comme aime à le dire Godard à l'instar de ses instants volés pendant le festival de Cannes où Chet Baker semble flotter au-dessus des contingences tout en étant irrité par ce public mondain et si peu féru de jazz ...
Quand un grand musicien rencontre le 7ème art, sans l'ostentation rigide de Scorcese avec Les Rolling Stones pour ne nommer que celui-là, c'est un peu comme la mémoire du monde qui est soulagée ...
Let's get lost … déjà culte … et à redécouvrir encore et encore ...
ELDORADO
Réalisateur : Boully Lanners
Hell Dorado ...
Y a-t-il décidemment au cinéma un ton et un humour typiquement belge ? Pendant que le plat pays a l’air d’en découdre avec l’idée d’identité nationale,un gouvernement fantôme à la clé,la belgitude si chère à Brel nous livre des petits bijoux de fantaisie décalée …
Disons-le tout de go,j’affectionne particulièrement le road movie et j’éprouve comme une sorte de tendresse inexplicable à l’égard des losers magnifiques: dans l’espace réduit d’une voiture,sorte de huis clos en mouvement,les langues se délient,la ligne d’horizon est en fuite ou se précise,donnant lieu à des paraboles hors du champ quotidien …
Le loup décharné,l’ours bourru et la Chevrolet :la fable commence sur un cambriolage raté … qui se transforme en une sorte de quête absurde,parsemée d’embûches et de rencontres plus farfelues les unes que les autres : on y croise un inquiétant rebouteux, collectionneur de voitures accidentées,un campeur nudiste en grand besoin d’affection,un chien aux pattes cassées tombant d’un pont …
L’ensemble pourrait ça et là paraître un peu décousu et pêcher par cette cascade de saynètes entremêlées: mais Boully Lanners tient –à- ses personnages d’un bout à l’autre du film et leur lâche la bride à grands renforts de situations qu’on croirait sorties tout droit du muet,de dialogues savoureux, répétitifs à souhait ou de vieux silences nourris et foireux …
Au son de guitares saturées et célestes à la Link Wray,
les paysages belges auraient presque une allure de western :et notre tandem y évolue à merveille, mêlant moments de tendresse virile,drôlerie et émotions à fleur de peau … Prostré,atone,le jeune loup essaie de se battre mais la bonhomie du receleur n’aura pas raison des démons qui lui courent dans les veines …
La fable est cruelle,certes mais elle vaut sacrément le détour !
vu le 16 juillet
Hell Dorado ...
Y a-t-il décidemment au cinéma un ton et un humour typiquement belge ? Pendant que le plat pays a l’air d’en découdre avec l’idée d’identité nationale,un gouvernement fantôme à la clé,la belgitude si chère à Brel nous livre des petits bijoux de fantaisie décalée …
Disons-le tout de go,j’affectionne particulièrement le road movie et j’éprouve comme une sorte de tendresse inexplicable à l’égard des losers magnifiques: dans l’espace réduit d’une voiture,sorte de huis clos en mouvement,les langues se délient,la ligne d’horizon est en fuite ou se précise,donnant lieu à des paraboles hors du champ quotidien …
Le loup décharné,l’ours bourru et la Chevrolet :la fable commence sur un cambriolage raté … qui se transforme en une sorte de quête absurde,parsemée d’embûches et de rencontres plus farfelues les unes que les autres : on y croise un inquiétant rebouteux, collectionneur de voitures accidentées,un campeur nudiste en grand besoin d’affection,un chien aux pattes cassées tombant d’un pont …
L’ensemble pourrait ça et là paraître un peu décousu et pêcher par cette cascade de saynètes entremêlées: mais Boully Lanners tient –à- ses personnages d’un bout à l’autre du film et leur lâche la bride à grands renforts de situations qu’on croirait sorties tout droit du muet,de dialogues savoureux, répétitifs à souhait ou de vieux silences nourris et foireux …
Au son de guitares saturées et célestes à la Link Wray,
les paysages belges auraient presque une allure de western :et notre tandem y évolue à merveille, mêlant moments de tendresse virile,drôlerie et émotions à fleur de peau … Prostré,atone,le jeune loup essaie de se battre mais la bonhomie du receleur n’aura pas raison des démons qui lui courent dans les veines …
La fable est cruelle,certes mais elle vaut sacrément le détour !
vu le 16 juillet
mardi 29 juillet 2008
Mes amis,mes amours : on s’emmerde
Réalisateur : Lorraine Lévy
Comment faisait-on pour communiquer avant l’ère du portable ? Excusez le poncif mais l’intrusion permanente de cet objet au cinéma a quelque fois tendance à me taper sur les nerfs,surtout dans les comédies romantiques …
Je le dis sans animosité aucune, je ne suis pas fan de la prose de Marc Levy que je range volontiers dans la section «romans de gare», mais l’adaptation en famille,sa sœur Lorraine signant dialogues et réalisation, et le casting soigné nous donneraient quand même quelque attentes positives …
Une pluie de photons est toujours agréable à prendre dans la rétine et les bons sentiments sont comme une baume sur le cœur dans les moments de solitude …
Coup de fil donc,entre un père fraîchement divorcé,libraire de son état,campé par un Vincent Lindon «groggy» comme un boxeur usé et sa fille,souffrant de la distance qui les sépare;Pascal Elgé son meilleur ami,achève enfin de le persuader de changer de vie,le tenancier d’un bookshop à deux pas de son cabinet d’architecte prenant sa retraite…
Sur ces entrefaites, le duo reformé élabore un projet ô combien farfelu –je plaisante-: nos enfants s’entendent à merveille,les femmes sont impossibles,vivons tous sous le même toit et ce sera la joie,avec quelques règles à la clef pour ficeler tout ça:ce cahier des charges improbable donnera lieu à des explosions amicales comme autant de pétards mouillés avant les dénouements heureux que l’on sent arriver à des kilomètres.
Et dans ce décor londonien de carte postale,ce microcosme «froggy» se tient les coudes bon an mal an,à la table du bistro du coin:heureusement que les personnages féminins donnent du charme et de l’épice à ce soap fleurant le navet …
Les fans de l’auteur qui sont légion iront de toute façon le voir : que les autres, plus sceptiques, attendent la sortie en DVD ou mieux le passage sur les ondes cathodiques à moins de bénéficier de ces fameux abonnements cinévores et de vouloir savourer le retour à l’écran de Virginie Ledoyen, délicieuse d’un bout à l’autre …
Vu le 5 juillet 2008
Comment faisait-on pour communiquer avant l’ère du portable ? Excusez le poncif mais l’intrusion permanente de cet objet au cinéma a quelque fois tendance à me taper sur les nerfs,surtout dans les comédies romantiques …
Je le dis sans animosité aucune, je ne suis pas fan de la prose de Marc Levy que je range volontiers dans la section «romans de gare», mais l’adaptation en famille,sa sœur Lorraine signant dialogues et réalisation, et le casting soigné nous donneraient quand même quelque attentes positives …
Une pluie de photons est toujours agréable à prendre dans la rétine et les bons sentiments sont comme une baume sur le cœur dans les moments de solitude …
Coup de fil donc,entre un père fraîchement divorcé,libraire de son état,campé par un Vincent Lindon «groggy» comme un boxeur usé et sa fille,souffrant de la distance qui les sépare;Pascal Elgé son meilleur ami,achève enfin de le persuader de changer de vie,le tenancier d’un bookshop à deux pas de son cabinet d’architecte prenant sa retraite…
Sur ces entrefaites, le duo reformé élabore un projet ô combien farfelu –je plaisante-: nos enfants s’entendent à merveille,les femmes sont impossibles,vivons tous sous le même toit et ce sera la joie,avec quelques règles à la clef pour ficeler tout ça:ce cahier des charges improbable donnera lieu à des explosions amicales comme autant de pétards mouillés avant les dénouements heureux que l’on sent arriver à des kilomètres.
Et dans ce décor londonien de carte postale,ce microcosme «froggy» se tient les coudes bon an mal an,à la table du bistro du coin:heureusement que les personnages féminins donnent du charme et de l’épice à ce soap fleurant le navet …
Les fans de l’auteur qui sont légion iront de toute façon le voir : que les autres, plus sceptiques, attendent la sortie en DVD ou mieux le passage sur les ondes cathodiques à moins de bénéficier de ces fameux abonnements cinévores et de vouloir savourer le retour à l’écran de Virginie Ledoyen, délicieuse d’un bout à l’autre …
Vu le 5 juillet 2008
lundi 28 juillet 2008
LE BRUIT DES GENS AUTOUR ..
Réalisateur: Diastème
La main courante de nos amours
D’emblée, le titre faussement intello pourrait laisser songeur voire dubitatif, portant l’estampe chérie en France du sacro-saint cinéma d’auteur … Heureusement, la bande-annonce simple et efficace a suffisamment titillé ma curiosité pour dépasser mon a priori mitigé …
Ouverture drôlissime : bercé par les cigales, un homme sieste tranquille et se prend une trombe d’eau sur la hure, sans comprendre… Ficelle de cinéaste,l’élément eau,symbole chez Bachelard de notre vie émotionnelle,est annoncé d’emblée comme le fil conducteur de l’électricité sentimentale qui parcourt les personnages principaux et nous devinons qu’ils seront amenés à se croiser dans le tourbillon des rencontres et du hasard …
Avignon brille de tous ses feux, prise dans la douce folie in & off du célèbre festival : le décor est planté,on évitera soigneusement l’écueil du film militant sur les galères de la vie d’artiste; les dialogues pétillent tout comme les scènes prises sur le vif et sous les feux de la rampe : chacun se dépatouille comme il peut dans le marigot des amours,les moments intimes jouissant de gros plans inspirés,et signe des temps (!?) les personnages féminins, solaires ou désespérés semblent mieux frayer avec le réel que leur répliques …
D’ailleurs,une mention spéciale à Fréderic Andrau,l’amoureux alcolo éconduit d’Emma de Caunes - rayonnante sous tous rapports - dont les scènes donnent du piquant à un ensemble, accusant ça et là quelques mollesses au montage et dans la mise en scène … Les petits bonheurs quotidiens sont durs à filmer et les retrouvailles de tout ce beau monde dans l’épilogue frisent le fiasco,rattrapés de justesse par un savoureux numéro de cabaret transformiste et un ultime joker dans la manche du scénariste …
Au final, cette comédie «à la française» dont la petite musique s’arpège légère,absurde et profonde,ravira les amateurs de spectacle vivant et irritera sûrement les indécrottables cinéphiles pétris de cynisme …
vu le 14 Juillet 2008
La main courante de nos amours
D’emblée, le titre faussement intello pourrait laisser songeur voire dubitatif, portant l’estampe chérie en France du sacro-saint cinéma d’auteur … Heureusement, la bande-annonce simple et efficace a suffisamment titillé ma curiosité pour dépasser mon a priori mitigé …
Ouverture drôlissime : bercé par les cigales, un homme sieste tranquille et se prend une trombe d’eau sur la hure, sans comprendre… Ficelle de cinéaste,l’élément eau,symbole chez Bachelard de notre vie émotionnelle,est annoncé d’emblée comme le fil conducteur de l’électricité sentimentale qui parcourt les personnages principaux et nous devinons qu’ils seront amenés à se croiser dans le tourbillon des rencontres et du hasard …
Avignon brille de tous ses feux, prise dans la douce folie in & off du célèbre festival : le décor est planté,on évitera soigneusement l’écueil du film militant sur les galères de la vie d’artiste; les dialogues pétillent tout comme les scènes prises sur le vif et sous les feux de la rampe : chacun se dépatouille comme il peut dans le marigot des amours,les moments intimes jouissant de gros plans inspirés,et signe des temps (!?) les personnages féminins, solaires ou désespérés semblent mieux frayer avec le réel que leur répliques …
D’ailleurs,une mention spéciale à Fréderic Andrau,l’amoureux alcolo éconduit d’Emma de Caunes - rayonnante sous tous rapports - dont les scènes donnent du piquant à un ensemble, accusant ça et là quelques mollesses au montage et dans la mise en scène … Les petits bonheurs quotidiens sont durs à filmer et les retrouvailles de tout ce beau monde dans l’épilogue frisent le fiasco,rattrapés de justesse par un savoureux numéro de cabaret transformiste et un ultime joker dans la manche du scénariste …
Au final, cette comédie «à la française» dont la petite musique s’arpège légère,absurde et profonde,ravira les amateurs de spectacle vivant et irritera sûrement les indécrottables cinéphiles pétris de cynisme …
vu le 14 Juillet 2008
samedi 26 juillet 2008
VALSE AVEC BACHIR
Réalisateur: Ari Folman
VOYAGE EN AMNÉSIE MINEURE
Il y a des films qui vous laissent un goût étrange, et dont la résonance est tenace: je ne fus pas le seul à rester interdit, en silence, sur les quais de Seine,après la projection…
À ce titre déjà, le réalisateur Ari Folman a magnifiquement réussi son coup : à l’heure où sont fêtés en grande pompe les 60 ans d’Israël, il nous offre sous la forme d’un docu-fiction hybride, un regard personnel, complexe et jamais partisan sur la guerre du Liban, choisissant le dessin animé comme support de sa vision: le trait est moderne, réaliste, crépusculaire, le montage haletant bien appuyé par une bande son impeccable.
Scène d’ouverture forte : une meute de chiens enragés, écumants, saccagent tout sur leur passage et se postent devant un immeuble prêts à mettre en morceaux un ami de l’auteur qui le convoque en pleine nuit pour un entretien : ce cauchemar qui ne le quitte plus sera le détonateur d’un voyage en amnésie …
Blessures intimes, jeunesse volée, immersion dans la violence pure, le spectre de la mort derrière son épaule,
il fera le tour de ses camarades pour reconstituer la mosaïque et ainsi traverser le brouillard, glanant au passage des questions essentielles : après l’enfer de la Shoah,comment peut-on glisser insidieusement de victime à bourreau ? Quels mécanismes traumatiques arrivent à couler comme une chape de ciment sur nos souvenirs ?
Depuis son passage remarqué à Cannes, la rumeur va bon train: prenez le donc en marche,dans une salle intimiste;
Et sans vous donner le «punch», les images de clôture sont tout bonnement un «uppercut» …
vu le 29 juin 2008
VOYAGE EN AMNÉSIE MINEURE
Il y a des films qui vous laissent un goût étrange, et dont la résonance est tenace: je ne fus pas le seul à rester interdit, en silence, sur les quais de Seine,après la projection…
À ce titre déjà, le réalisateur Ari Folman a magnifiquement réussi son coup : à l’heure où sont fêtés en grande pompe les 60 ans d’Israël, il nous offre sous la forme d’un docu-fiction hybride, un regard personnel, complexe et jamais partisan sur la guerre du Liban, choisissant le dessin animé comme support de sa vision: le trait est moderne, réaliste, crépusculaire, le montage haletant bien appuyé par une bande son impeccable.
Scène d’ouverture forte : une meute de chiens enragés, écumants, saccagent tout sur leur passage et se postent devant un immeuble prêts à mettre en morceaux un ami de l’auteur qui le convoque en pleine nuit pour un entretien : ce cauchemar qui ne le quitte plus sera le détonateur d’un voyage en amnésie …
Blessures intimes, jeunesse volée, immersion dans la violence pure, le spectre de la mort derrière son épaule,
il fera le tour de ses camarades pour reconstituer la mosaïque et ainsi traverser le brouillard, glanant au passage des questions essentielles : après l’enfer de la Shoah,comment peut-on glisser insidieusement de victime à bourreau ? Quels mécanismes traumatiques arrivent à couler comme une chape de ciment sur nos souvenirs ?
Depuis son passage remarqué à Cannes, la rumeur va bon train: prenez le donc en marche,dans une salle intimiste;
Et sans vous donner le «punch», les images de clôture sont tout bonnement un «uppercut» …
vu le 29 juin 2008
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